Incontinence urinaire féminine
Comprendre l’incontinence urinaire
Il s’agit d’une pathologie fréquente qui peut toucher les femmes de tout âge.
Il existe différents types d’incontinence urinaire (perte involontaire d’urine) :
- Incontinence urinaire d’effort : les fuites surviennent lors d’un effort physique comme tousser, rire, éternuer, soulever des charges, marcher, faire du sport. Elle survient soit par altération du système de soutien périnéal responsable d’une hyper mobilité de l’urètre lors des efforts, soit en raison d’une faiblesse sphinctérienne.
- Incontinence urinaire par urgenturie (ou impériosité) : les fuites surviennent dans les suites d’une envie pressante et brutale d’aller uriner et vous n’avez pas le temps d’aller aux toilettes.
- Incontinence urinaire mixte : lorsque vous présentez des fuites aux efforts et avec des impériosités.
- Incontinence urinaire avec fuites insensibles : les fuites surviennent alors que vous ne faites aucunes activités et que vous ne ressentez aucun besoin d’aller uriner.
- Incontinence urinaire par regorgement : votre vessie ne se vide pas complètement, les fuites surviennent lorsqu’il y a un trop plein d’urine dans votre vessie. Cela est moins fréquent chez la femme que chez l’homme.
Facteurs de risques
- Un interrogatoire et un examen clinique pour préciser le contexte, la fréquence des fuites et leur retentissement.
- Le PAD-test : test simple et objectif qui consiste à porter une protection pesée avant et après un effort ou au cours d’une journée (PAD-TEST des 24 heures). Il permet de quantifier l’importance des pertes d’urine.
- Un calendrier mictionnel (carnet des mictions et des fuites).
- Des examens complémentaires si besoin (urodynamique, endoscopie, imagerie) pour affiner la prise en charge.
Diagnostic
Le diagnostic se fait à l’interrogatoire et l’examen clinique.
Des questionnaires pourront vous être remis :
- Un questionnaire USP pour évaluer la sévérité des symptômes urinaires
- Un calendrier mictionnel sur 3 jours afin de comprendre votre fonctionnement mictionnel : relevé précis de vos mictions (miction = action d’uriner) avec les horaires, le volume de chaque miction (verre doseur) et les événements tels que les fuites, les urgences, des difficultés à vider ou un blocage urinaire
- Un pad test des 24h : mesure de la perte d’urine sur 24h en pesant vos protections
Certains examens complémentaires pourront vous être proposés à la recherche d’une étiologie tels que l’échographie urinaire et pelvienne et une fibroscopie vésicale.
Au décours, un bilan urodynamique (examen visant à comprendre le fonctionnement de votre vessie ou votre urètre en enregistrant des pressions, des débits, des volumes) pourra aussi être proposé.
Traitements
Les traitements sont nombreux et différents selon le type d’incontinence urinaire.
Dans tous les cas, les règles hygiéno-diététiques vous seront demandées d’être appliquées : perdre du poids si besoin, hydratation 1,5-2L par jour, mictions régulières, éviter la consommation des excitants, traiter la constipation et rétablir une trophicité vaginale satisfaisante.
Dans le cas de l’incontinence urinaire d’effort, il pourra vous être proposé :
- De la rééducation périnéale pour renforcer les muscles du plancher pelvien
- La mise en place de dispositifs intra vaginaux (pessaires) afin de soutenir les organes pelviens
- En cas d’échec, une chirurgie selon la sévérité des fuites, l’examen clinique et des examens complémentaires :
- La bandelette sous urétrale : bandelette synthétique permettant de remplacer les structures de soutien défaillantes
- L’injection péri urétral de Bulkamid : injection d’un produit dans l’urètre permettant de suppléer le sphincter déficient
- Le sphincter urinaire artificiel : prothèse visant à suppléer le sphincter déficient.
Dans le cas de l’incontinence urinaire par urgenturie, il pourra vous être proposé :
- Des traitements afin de diminuer la contraction du muscle vésical :
- Un traitement médicamenteux comme les anticholinergiques
- Un traitement non médicamenteux tel que la neurostimulation électrique par voie transcutanée (TENS) en utilisant la stimulation du nerf tibial postérieur
- En cas d’échec, des chirurgies :
- La neuromodulation des racines sacrées : stimulation d’une racine nerveuse sacrée qui participe à la commande de la vessie et du sphincter de l’urètre.
- L’injection de toxine botulique intra détrusorienne : injection de la toxine dans le muscle de la vessie empêchant les contractions de celui-ci
- En dernier recours, des agrandissements de vessie
Dans le cas d’incontinence urinaire par regorgement, il pourra vous être proposé :
- De la rééducation périnéale de relaxation
- L’apprentissage des auto-sondages intermittents afin d’assurer une vidange régulière de la vessie grâce à l’introduction par vous-même d’une sonde par l’urètre jusqu’à la vessie.
- Un TENS
- En cas d’échec, une chirurgie de neuromodulation des racines sacrées
Marie
BRASSIER
Chirurgien urologue

François
DARGEN
Chirurgien urologue

Philippe
GUIRAUD
Chirurgien urologue

Gilles
MORIN
Chirurgien urologue
