Incontinence urinaire masculine
Comprendre l’incontinence urinaire
L’incontinence urinaire correspond à une perte involontaire d’urine. Chez l’homme, elle peut avoir plusieurs origines :
- les mictions par regorgements en cas de rétention d’urine, le trop plein s’évacue par jets d’urines incontrôlés
- l’Incontinence d’effort : liée à une faiblesse du sphincter urinaire, souvent après une chirurgie de la prostate (prostatectomie)
- l’Incontinence due à des urgences urinaires (urgenturies) : liée à des contractions involontaires de la vessie
- les causes mixtes, associant les deux mécanismes.
Cette situation peut avoir un retentissement important sur la qualité de vie, mais il existe aujourd’hui de nombreux traitements efficaces et personnalisés.
Le bilan de l’incontinence urinaire masculine
Avant tout traitement, un bilan est nécessaire afin d’identifier le type et la sévérité de l’incontinence. Il comprend :
- Un interrogatoire et un examen clinique pour préciser le contexte, la fréquence des fuites et leur retentissement.
- Le PAD-test : test simple et objectif qui consiste à porter une protection pesée avant et après un effort ou au cours d’une journée (PAD-TEST des 24 heures). Il permet de quantifier l’importance des pertes d’urine.
- Un calendrier mictionnel (carnet des mictions et des fuites).
- Des examens complémentaires si besoin (urodynamique, endoscopie, imagerie) pour affiner la prise en charge.
Les traitements non chirurgicaux
Plusieurs solutions peuvent être proposées :
1-Rééducation pelvi-périnéale
- Exercices de renforcement des muscles du plancher pelvien (kinésithérapie spécialisée).
- Techniques de biofeedback ou d’électrostimulation pour mieux contrôler la contraction sphinctérienne.
- Efficace surtout après chirurgie prostatique, notamment dans les premiers mois.
- Certains praticiens sont spécialisés dans la rééducation pelvi-périnéale
2-Mesures hygiéno-diététiques
- Réduction des boissons excitantes (café, thé, alcool).
- Limitation des apports hydriques en soirée.
- Gestion du poids et activité physique adaptée.
3-Traitements médicamenteux
- En cas d’hyperactivité vésicale : médicaments anticholinergiques ou bêta-3 agonistes.
- Ces traitements agissent sur la vessie pour diminuer les contractions involontaires.
4-Dispositifs extérieurs d’aide
- Protections absorbantes adaptées aux hommes.
- Étuis péniens reliés à une poche collectrice.
- Pince pénien (rarement utilisé, pour cas particuliers).
Les traitements chirurgicaux
Lorsque l’incontinence persiste malgré la rééducation et les traitements médicaux, une solution chirurgicale peut être envisagée. Le choix dépend du type d’incontinence et de sa sévérité.
1. Les bandelettes sous-urétrales (slings)
- Indiquées surtout dans les fuites modérées après prostatectomie.
- Elles consistent à placer une bandelette de soutien sous l’urètre afin de restaurer la continence.
- Intervention mini-invasive, avec de bons résultats chez les patients bien sélectionnés.
2. Le sphincter urinaire artificiel
- Traitement de référence des incontinences modérées à sévères.
- Un dispositif implanté reproduit le rôle du sphincter naturel : un manchon (cuff) entoure l’urètre et est contrôlé par une petite pompe implantée dans le scrotum.
- Le patient actionne la pompe pour uriner, puis le système se referme automatiquement.
- Très efficace, avec une amélioration majeure de la qualité de vie.

3. Les injections péri-urétrales (plus rare chez l’homme)
- Produits injectés autour de l’urètre pour augmenter sa résistance.
- Résultats transitoires, réservés à des cas très spécifiques.
Le cas particulier de l’incontinence après prostatectomie
L’incontinence urinaire est une complication possible après une prostatectomie totale (chirurgie du cancer de la prostate). Elle est le plus souvent transitoire et tend à s’améliorer progressivement dans les mois qui suivent, grâce à la rééducation pelvi-périnéale.
Dans certains cas, une incontinence persistante peut subsister au-delà d’un an. Le bilan permet alors d’évaluer la sévérité des fuites et de proposer un traitement adapté :
- rééducation renforcée,
- bandelette sous-urétrale pour les fuites modérées,
- sphincter urinaire artificiel pour les incontinences sévères.
Conclusion
L’incontinence urinaire masculine n’est pas une fatalité. La première étape correspond à une échographie pour vérifier l’absence de rétention d’urines. Une prise en charge personnalisée, allant de la rééducation aux solutions chirurgicales, permet dans la majorité des cas de retrouver une continence satisfaisante et une meilleure qualité de vie.
👉 N’hésitez pas à consulter l’équipe d’Urologie Rennes Sévigné : nous pourrons vous proposer un bilan adapté et discuter de la solution la plus appropriée à votre situation.
Tarek
FARDOUN
Chirurgien urologue

Paul
LAINÉ-CAROFF
Chirurgien urologue

Marie
BRASSIER
Chirurgien urologue
