La lithiase urinaire
La lithiase urinaire est une maladie caractérisée par la formation de calculs dans les urines. Ils se forment dans les cavités rénales et migrent par les uretères vers la vessie. Certains calculs se forment également dans la vessie mais cette formation est liée à une stase urinaire en amont d’un obstacle, souvent prostatique.
La maladie lithiasique rénale touche 10 % de la population et les récidives sont fréquentes puisqu’elles surviennent dans 50 % des cas à 5 ans.
Il existe plusieurs types de calculs selon leur composition (calcium, oxalate, phosphate, acide urique, cystine, calculs infectieux, calculs médicamenteux).
Diagnostic
Le diagnostic repose sur des symptômes qui peuvent orienter vers un calcul rénal : douleurs dans le dos (fosses lombaires), sang dans les urines voire fièvre associée. Le symptôme le plus remarquable est la colique néphrétique, douleur intense irradiant de la région lombaire vers le bas du ventre, parfois accompagnée de vomissement. Elle survient lorsqu’un calcul rénal migre dans l’uretère et obstrue le passage des urines vers la vessie, aboutissant à un gonflement des cavités du rein, responsable de la douleur.
Le diagnostic peut également être fait au cours d’examens radiologiques réalisés dans le cadre de douleurs abdominales, ou de façon totalement fortuite. Le scanner abdominal, l’échographie rénale voir la radiographie d’abdomen peuvent en effet mettre en évidence un ou plusieurs calculs dans les voies urinaires.
Prise en charge
Deux situations doivent être distinguées :
- la colique néphrétique, qui doit être prise en charge en urgence. Un traitement médical par antalgiques et anti-inflammatoires est mis en route. Un bilan par scanner abdominal est réalisé. En fonction de l’évolution des douleurs, de la taille et de la situation du calcul, il peut vous être proposé de mettre en place sous anesthésie générale une sonde interne entre le rein et la vessie, appelée sonde JJ, qui permettra d’assurer l’écoulement d’urines et de vidanger le rein. Cette intervention d’urgence peut ensuite aboutir à une seconde intervention permettant d’aller chercher le calcul avec ou sans fragmentation laser. > En savoir plus
- le calcul rénal asymptomatique ou peu symptomatique : la prise en charge peut alors être différée et fonction de la taille, du nombre des calculs et de leur situation dans le rein.
Classiquement, 3 traitements peuvent être proposés : la lithotritie extra-corporelle, l’urétéroscopie ou la néphro-lithotomie per-cutanée.
La lithotritie extra-corporelle
La lithotritie extra-corporelle consiste à diriger des ondes de choc sur le calcul sous contrôle radiologique et échographie. La séance se déroule sous sédation et dure environ 20 minutes. Vous êtes autorisés à sortir 2 à 3 heures après le traitement. Les complications peuvent être hémorragiques avec sang dans les urines (voire exceptionnellement hématome rénal), et colique néphrétique par migration et blocage de fragments de calculs dans l’uretère.
L’urétéroscopie
L’urétéroscopie consiste à introduire un endoscope de petit calibre dans les uretères, en passant par la vessie. L’intervention se déroule sous anesthésie générale, en ambulatoire. Sous contrôle radiologique et endoscopique, l’urétéroscope est monté dans l’uretère ou dans les cavités rénales et il est alors possible de retirer le calcul par une sonde à panier ou de le fragmenter en utilisant une fibre laser. Dans la plupart des cas, une sonde allant du rein à la vessie est posée en fin d’intervention pour faciliter l’expulsion d’éventuels fragments résiduels et pour permettre la cicatrisation de l’uretère. Les complications peuvent correspondre à du sang dans les urines, par des risques d’infections et parfois par des lésions de l’uretère, qui cicatrisent avec la sonde interne.
La néphro-lithotomie per-cutanée
La néphro-lithotomie per-cutanée est réservée aux volumineux calculs du rein. Elle consiste à ponctionner les cavités rénales directement par la paroi du dos, par une aiguille, sous contrôle radiologique et échographique, puis à dilater le trajet de façon à mettre en place une gaine entre la peau et le rein et à y introduire un appareil optique. Cette appareil appelé néphroscope est pourvu d’un canal opérateur qui permet l’introduction de pinces et de tiges de lithotripteur, capable de fragmenter de très volumineux calculs. Les fragments sont alors récupérés au travers de la gaine. Les complications sont hémorragiques avec risque d’hématome autour du rein, infection et écoulement persistant d’urines par le trajet fait entre la paroi et le rein.
Traitement médical
Beaucoup de calculs de petite taille peuvent être expulsés spontanément. Pour faciliter cette expulsion et atténuer les douleurs, un traitement anti-inflammatoire et antalgique est prescrit pour quelques jours. On peut y associer un traitement alpha-bloquant qui a pour but de relâcher les muscles de la paroi de l’uretère et faciliter le passage du calcul.
Certains calculs comme les calculs d’acide urique peuvent être traités par alcalinisation des urines. La consommation d’eau de Vichy rend en effet les urines moins acides, ce qui a pour conséquence la dissolution de ce type de calculs. Certains traitements ou compléments alimentaires peuvent être prescrits dans ce but.
Prévention
Les calculs urinaires récidivent fréquemment.
Une enquête diététique sera effectuée en consultation et un bilan métabolique vous sera prescrit pour connaitre l’origine des calculs et corriger les éventuelles anomalies.
Ce bilan consiste en une prise de sang, un prélèvement d’urines et un recueil d’urines de 24 heures. L’analyse morphoconstitutionnelle du calcul, lorsqu’il a pu être récupéré, permet de connaître la composition du calcul et apporte des éléments majeurs sur l’origine du calcul.
La meilleure prévention de la récidive lithiasique repose sur une hydratation de 2 litres d’eau peu minéralisées, une consommation réduite de sel et de protéines animales, une consommation optimisée de produits laitiers et une réduction de la consommation des aliments riches en oxalate, notamment le cacao.
Philippe
GUIRAUD
Chirurgien urologue

François
DARGENT
Chirurgien urologue

Gilles
MORIN
Chirurgien urologue

Marie
BRASSIER
Chirurgien urologue

Tarek
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Chirurgien urologue

Paul
LAINÉ-CAROFF
Chirurgien urologue
